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I’ve loved, and lost, and loved again

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Mais le contact n’était jamais rompu. Nous parlions, de choses et d’autres, de nos vies, celles en parallèles, sans trop en dire. Il y avait comme un compartiment séparé entre nos vies officielles, et cette autre vie en pointillés. Nous n’avons aucun ami commun, aucune raison de nous croiser inopinément, nous habitons des univers différents. Nous parlions de nous, aussi, de ce magnétisme bizarre entre nous, des raisons qui nous poussent l’un vers l’autre, cet attachement indicible qui résiste au temps, à nos autres amours, et à la distance, aussi.

Il m’a invitée à lui rendre visite dans le nouvel appartement, « je pense que tu vas bien aimer », c’était étrange, sa présence à Elle était tangible dans cet espace pas neutre, cette décoration très féminine, avec des photos d’elle, de sa famille, des photos d’eux, tous les deux, aussi. C’était comme d’entrer dans un espace interdit, étranger, un peu hostile. Bien sûr il nous était impossible de rester loin l’un de l’autre, si bien que nous avons passé l’après-midi serrés l’un contre l’autre sur ce canapé familial qui semblait tellement hors de propos; elle était comme une ombre solide entre nous, un froid jeté sur les baisers que nous osions échanger sur son territoire, tandis que chaque bruit nous faisait sursauter, comme si elle devait apparaître à tout moment. Je me suis levée pour partir, mais il m’a retenue en me serrant fort contre lui, comme si j’allais m’évaporer pour ne plus reparaître, avant de m’embrasser comme lui seul sait le faire, comme si c’était la dernière fois, comme pour s’imprimer sur ma peau, avant de me laisser partir à regret, avant de m’adresser son sourire un peu triste.

Il y a eu une deuxième fois, semblable, dans cet appartement témoin de catalogue de décoration, ce monde qui semble tellement aux antipodes de lui: mais que sais-je au fond de sa vie réelle? La deuxième fois a été plus difficile à contrôler, mais son ombre à Elle était toujours là, comme une sentinelle veillant sur la probité de ce qui lui appartenait. Il y avait du trouble dans son regard vert, un courant profond sous des eaux en apparence tranquille, et ses mains tremblaient. Il était tard, l’horloge égrenait ses secondes au mur, la lumière blanche rendait ses traits durs, comme un roc aux arêtes saillantes et impassables. Il avait soupiré en appuyant son front contre le mien, les yeux fermés. Je l’avais serré contre moi en me disant que le roc était sans doute plus fragile qu’il ne voulait bien le laisser paraître. En partant, j’avais le cœur en miettes.

 

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